JE T’EN PRIE, FAIS-MOI VOIR TA GLOIRE


JE T’EN PRIE, FAIS-MOI VOIR TA GLOIRE 


Dimanche 14 septembre 2025

Semaine 12 : Fais-moi voir Ta gloire

Thème général : Exode : Un voyage vers la terre promise.


Au cœur du pèlerinage humain se loge une aspiration irrépressible : percer le voile du visible pour contempler le divin. Cette quête immémoriale atteint son sommet dans la prière de Moïse : « Je t’en prie, fais-moi voir Ta gloire » (Exode 33.18). Ce cri n’est pas celui de la curiosité, mais l’appel d’un intercesseur au milieu d’une crise où la présence de Dieu menaçait de se retirer de Son peuple infidèle. Par cette demande, Moïse exprime l’intuition profonde que la survie d’Israël ne dépend pas d’un territoire, mais de la communion avec le Dieu vivant. Sa requête, audacieuse et existentielle, ouvre un horizon de réflexion sur le désir le plus fondamental de l’âme : connaître Celui qui est, et, en Le connaissant, se découvrir soi-même. Ainsi commence notre parcours de la semaine : un voyage au cœur de la théophanie et de l’intimité divine, où la gloire de Dieu se révèle non dans l’éclat du spectacle, mais dans la profondeur de Son caractère et la fidélité de Sa présence.


Mais qu’est-ce donc que cette gloire que Moïse implore de contempler ? Comment la pensée chrétienne, à travers les siècles et les voix les plus diverses, a-t-elle tenté de l’exprimer ? Qu’il s’agisse d’Eckhart, d’Augustin, de la voix contemporaine de Pearl Bailey ou encore de l’écrivain Mark Buchanan, tous rappellent que voir Dieu ne relève pas d’une simple vision extérieure, mais d’une rencontre intérieure qui dévoile et transforme. Leurs réflexions nous offrent des perspectives variées sur l'acte de voir et de connaître Dieu.


CITATIONS

· L’œil par lequel je vois Dieu est le même œil par lequel Dieu me voit ; mon œil et l’œil de Dieu sont un seul et même œil, une seule vision, une seule connaissance, un seul amour. - Maître Eckhart

 

· La foi consiste à croire ce que l’on ne voit pas ; la récompense de cette foi est de voir ce que l’on croit. - Augustin

 

· Les hommes voient Dieu chaque jour, mais ils ne le reconnaissent pas. - Pearl Bailey

 

· Il existe, pour la plupart d’entre nous, un fossé trop grand entre ce que nous disons et ce que nous voulons dire ; entre nos paroles et nos pensées. La première chose que le prophète Ésaïe déclara lorsqu’il vit le Dieu vivant et exalté fut : “Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures et je vis au milieu d’un peuple aux lèvres impures” (Ésaïe 6.5). Ésaïe fut l’un des hommes les plus pieux qui aient jamais marché sur la terre. Mais en voyant Dieu, il vit aussi, soudainement, de manière abrupte et accablante, sa propre duplicité. Alors Dieu accomplit ce que Lui seul peut accomplir : Il purifie ses lèvres par le feu (Ésaïe 6.6-7). Et c’est là que réside notre espérance : en voyant véritablement Dieu, nous voyons aussi véritablement ce que nous sommes, dans toute notre duplicité accablante ; mais en criant vers Dieu, nous recevons un secours authentique et puissant. » - Mark Buchanan

 

Ces voix, venues d’époques et de contextes différents, convergent vers une même vérité : la gloire de Dieu n’est pas spectacle pour les yeux, mais révélation de Sa personne. Dès lors, il nous faut revenir au récit biblique lui-même pour discerner ce que signifie cette gloire demandée par Moïse, et comment elle éclaire notre marche aujourd’hui.

 

QUESTIONS

Pourquoi Moïse demanda-t-il à voir Dieu ? Qu’est-ce qui est le plus important : voir Dieu ou connaître son caractère ? Pourquoi Moïse ne pouvait-il pas voir la face de Dieu - que faut-il comprendre par là ? En quoi ce récit est-il réellement une révélation du caractère de Dieu ? Pourquoi Dieu demanda-t-il à Moïse d’expliquer au peuple qu’Il enverrait un prophète semblable à Moïse ?

 

LA SEMAINE EN BREF

Dans le récit d’Exode 33.7-34.35, Moïse invoque la bienveillance que Dieu lui a témoignée afin de solliciter la vision de Sa gloire. Le Deutéronome, en ses versets 18.15 et 18.18, rapporte la déclaration de Moïse concernant la promesse divine de susciter un prophète de son rang. La vie éternelle consiste en la connaissance même de Dieu (Jean 17.3) et Sa mansuétude est une incitation à la repentance (Romains 2.4). Le don de Son amour au monde est affirmé (Jean 3.16), tout comme notre transformation progressive à la ressemblance divine (2 Corinthiens 3.18). Enfin, le texte d'Exode 34.6-7 dépeint la manifestation de l'Éternel devant Moïse, où Il proclame Son nom et Ses attributs : « Yahvé ! Yahvé ! Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et en fidélité. »


COMMENTAIRE

Si l’on vous demandait de décrire la gloire de Dieu, que répondriez-vous ? Est-ce la puissance déployée contre les Égyptiens ? Les miracles dans le désert ? Ou l’art de proposer à Son peuple une meilleure façon de vivre ? Certains iraient même jusqu’à penser que la gloire de Dieu consiste à sauver certains et à condamner les autres. Mais est-ce bien cela ?


La Bible nous ramène à l’essentiel : quand Moïse implore de voir la gloire de Dieu, la réponse n’est pas une forme physique ni une démonstration éclatante. Dieu proclame Son Nom et révèle Son caractère : miséricorde, grâce, patience, fidélité. La gloire de Dieu, c’est qui Il est, non ce qu’Il paraît. Et cette révélation vient briser nos images déformées de Lui, ces représentations d’un Dieu dur, injuste ou lointain. Comme le rappelle le prophète Malachie : « Vous avez dit des paroles dures contre moi » (Mal 3.13).


Cette marche avec Dieu ressemble moins à un vol pressé dans un avion qu’à un voyage terrestre, où l’on s’arrête, où l’on contemple, où l’on savoure la route. Le chrétien n’est pas pressé d’arriver à destination, car le ciel lui-même n’est pas une fin, mais le commencement d’un autre voyage. Ce qui importe, c’est la communion vécue aujourd’hui : « Je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance » (Jn 10.10).


Mais combien il est facile de construire une image fausse de Dieu ! Jusqu’à en dire des choses qui Le caricaturent. Comme cette femme qui, lors d’une rencontre chrétienne, apprit qu’un groupe d’amis avait trouvé la mort dans un accident de voiture en venant à la réunion, et déclara : « Oh, ils ont sans doute oublié de prier pour demander la protection divine avant de partir. » Voilà une vision tronquée, où Dieu devient un comptable implacable, distribuant la vie ou la mort en fonction d’un oubli de prière.


Alors, comment voyons-nous Dieu ? Non pas avec nos yeux de chair, mais dans la manière dont nous Le concevons. Et là réside le danger : combien il est facile de construire une image fausse, étriquée ou cruelle de Dieu ! Mais lorsque Sa gloire se dévoile, nous voyons à la fois qui Il est et qui nous sommes. Comme Ésaïe, nous prenons conscience de notre duplicité et nous crions vers Celui qui seul peut purifier nos lèvres et transformer nos vies.


Plan de la semaine

Pour approfondir cette exploration de la gloire divine, notre méditation suivra un parcours en six étapes clés, guidé par le voyage d’Israël et la prière de Moïse. Nous commençons aujourd’hui par la requête fondamentale du prophète : « Je t’en prie, fais-moi voir ta gloire » - afin d’en saisir le contexte et la portée. Nous entrerons ensuite dans la tente d’assignation, lieu de la rencontre où la présence divine se manifeste au milieu de son peuple. Puis nous méditerons sur le désir profond exprimé par Moïse : « Alors je te connaîtrai » - rappelant que la vision n’est jamais une fin en soi, mais le moyen d’une relation vivante. Le cri renouvelé : « Fais-moi voir ta gloire ! » nous permettra d’en sonder toute l’intensité et toute la persévérance. Nous atteindrons alors le sommet de la semaine : l’auto-révélation de Dieu, lorsque l’Éternel proclame Son Nom et Son caractère. Enfin, nous conclurons avec le visage rayonnant de Moïse, reflet lumineux de la transformation qui découle d’une véritable contemplation de Dieu. Ainsi, tout au long de cette semaine, nous avancerons pas à pas dans ce voyage où la demande d’un homme devient le chemin de tout croyant : voir et refléter la gloire de l’Éternel.


Puissions-nous, à l’exemple de Moïse, apprendre à chercher non pas l’apparence d’un Dieu lointain, mais la révélation vivante de Son caractère ; puissions-nous marcher chaque jour dans la lumière de Sa présence, afin d’être transformés de gloire en gloire et de refléter, dans un monde qui le méconnaît, la fidélité, la miséricorde et la grâce du Seigneur.


ABONDANTES GRÂCES DE LA PART DE L’ÉTERNEL !

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