PERMETS-MOI DE CONTEMPLER TA GLOIRE !
PERMETS-MOI
DE CONTEMPLER TA GLOIRE !
Mercredi 17
septembre 2025
Semaine 12 : Fais-moi voir Ta gloire
Thème général : Exode : Un voyage vers la terre promise.
Nous parlons volontiers de Dieu en termes de puissance et de gloire, mais nous les concevons trop
souvent selon des catégories strictement humaines. Lorsque nous cherchons à produire une impression forte, saisissante,
nous recourons au vacarme : nos voix s’élèvent, amplifiées et répercutées par
des dispositifs sonores. Pour accentuer encore l’effet, nous déployons des
artifices lumineux, lasers ou essaims de drones équipés de diodes
électroluminescentes et pilotés par ordinateur. Lorsque nous voulons donner une
démonstration plus redoutable encore de la force, nous exhibons nos chars, nos
cuirassés, nos missiles, voire nos armes nucléaires. Et nous aimons dire, comme
pour établir une comparaison, que Dieu est plus puissant que tout cela.
Une telle représentation, à vrai dire, a de quoi glacer d’effroi. Elle brosse
le portrait d’un Dieu qui, d’un geste capricieux, pourrait réduire un homme en
cendres. Mais voici ce que le Seigneur déclare :
« Je ferai passer devant toi toute ma
bonté, et je proclamerai devant toi le nom de l’Éternel » (Exode
33:19).
Après l’apostasie du veau d’or, Israël demeure brisé, accablé par la
honte d’avoir troqué la gloire de l’Éternel contre une idole façonnée de leurs
mains. Moïse, médiateur, se tient encore devant Dieu pour intercéder en faveur
d’un peuple coupable. L’alliance a été rompue, mais il implore la grâce d’un
Dieu qui seul peut encore les conduire vers la terre promise. Pourtant, au-delà
de sa prière pour le peuple, il exprime une demande plus profonde, plus personnelle, plus
audacieuse : « Fais-moi voir ta gloire ! » (Exode 33:18). Non
content d’obtenir la promesse de la présence divine, il aspire à connaître Dieu
Lui-même dans Son intimité et dans Son essence. Cette prière devient l’un des
sommets spirituels de l’Exode, et une question qui résonne encore pour chacun
de nous : oserons-nous, nous aussi, demander à voir Sa gloire ?
I. LA QUÊTE DE MOÏSE :
VOIR LA GLOIRE DE DIEU
Moïse n’en était pas à sa première demande. Déjà il avait prié : « Si
j’ai trouvé grâce à tes yeux, fais-moi connaître tes voies ; alors je te
connaîtrai » (Exode 33:13). Sa recherche n’était pas celle d’un signe
extérieur ou d’un prodige, mais d’une communion
toujours plus intime. Comme le souligne l’Exode, il avait pris
conscience qu’il ne connaissait pas encore Dieu comme il le devait, et c’est ce
désir d’intimité qui le conduit à s’écrier : « Fais-moi voir ta gloire ! »
(Exode 33:18). Loin d’être un caprice ou une curiosité, cette requête est
l’expression de son humilité et de sa soif d’une connaissance plus profonde du
Seigneur.
Plus Moïse avançait dans sa marche spirituelle, plus il osait adresser à Dieu des requêtes
hardies. Il savait pourtant que nul ne peut voir Dieu et vivre (Exode
33:20). Et pourtant il osa, car il vivait dans une proximité avec Dieu telle qu’il
ne craignait pas de présenter des demandes audacieuses à son Père céleste. Sa
requête n’était pas tournée vers les œuvres
merveilleuses de Dieu, mais vers Dieu Lui-même. L’audace ici naît de
l’intimité.
Charles Spurgeon a justement qualifié cette requête de « la plus
grande requête jamais adressée à Dieu. » Contrairement aux prières
les plus fréquentes, centrées sur des besoins légitimes - la provision, la
guérison, la direction - Moïse demande plus : il demande à voir Dieu Lui-même,
tel qu’Il est. Cette prière place le Donateur bien au-dessus de tous les dons.
Elle fait écho au cri du psalmiste : « Comme une biche soupire après des
courants d’eau, ainsi mon âme soupire après toi,
ô Dieu » (Psaume 42:1).
La réponse de Dieu
surprend et bouleverse : « Je ferai passer devant toi toute ma bonté, et je
proclamerai devant toi le nom de l’Éternel. Je fais grâce à qui je fais
grâce, et j’ai compassion de qui j’ai compassion » (Exode 33:19). Ainsi, la
gloire de Dieu n’est pas éclat de puissance ni
menace de destruction, mais révélation de Son caractère : bonté, miséricorde, fidélité et grâce. Exode
34:6-7 le confirme quand Dieu proclame Son nom et décrit Son caractère de
compassion, de patience et de vérité. La gloire de Dieu est Son caractère. La bonté en est le résumé, la
quintessence. Dès ce moment, l’Éternel corrige notre imaginaire humain de la
gloire : loin de la fureur des armes, des bruits et des lumières, Sa gloire
s’incarne dans Son amour.
II. NOTRE VOCATION :
REFLÉTER LE CARACTÈRE DE DIEU
Ce que Dieu révèle, Il veut le reproduire dans Son peuple. « Sa gloire
consiste à embrasser les pécheurs repentants et à fournir tout ce qui
est nécessaire pour les transformer » (Prophètes et rois, p. 668).
Notre propre « gloire » consiste à refléter ce caractère dans nos vies et à Le
faire connaître aux autres.
Le contraste est saisissant. La gloire humaine s’affiche dans le
vacarme, les démonstrations technologiques, la puissance des chars, des fusées
et des bombes. Nous pensons en termes de domination, de force visible et
écrasante. Mais Dieu choisit la bonté. Comme l’écrit un commentateur : « Dieu
veut être révélé par Sa bonté. Voilà Son idée de la puissance et de la gloire.
» Alors que le monde associe la gloire à l’éclat et au spectacle, Dieu nous
appelle à manifester Sa gloire dans des gestes
de tendresse, de miséricorde et de service.
Paul élargit encore cette perspective en affirmant : « … nous avons été
en spectacle au monde, aux anges et aux hommes » (1 Corinthiens 4:9). Notre
témoignage est observé, non seulement par le monde, mais par l’univers entier.
Nos vies, nos choix, notre fidélité deviennent un signe adressé aux anges et
aux hommes. Dans ce sens cosmique, notre
vocation prend une dimension universelle.
Mais ce témoignage ne peut être bâti sur des œuvres spectaculaires
dépourvues de la connaissance intime de Dieu. Jésus lui-même avertit : « Ce ne
sont pas tous ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! qui entreront dans le
royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père »
(Matthieu 7:21). Il est
possible de prophétiser, de chasser des démons, de faire beaucoup de miracles,
et pourtant d’entendre ces paroles effrayantes : « Je ne vous ai jamais connus
» (Matthieu
7:23). De même, Paul rappelle : « Je ferai miséricorde à qui je fais
miséricorde » (Romains 9:15-16). Nous ne méritons rien ; tout est grâce.
La gloire de Dieu ne s’obtient pas par mérite, elle se reçoit comme don de
miséricorde.
Ainsi, notre vocation est claire : refléter le caractère de Dieu au
quotidien, dans la vie de famille, au travail, dans l’Église et jusque dans
l’épreuve. C’est là que se manifeste la gloire. Non pas dans des
performances éclatantes, mais dans des gestes simples de bonté. Et l’appel
résonne comme un défi concret : « Lève-toi, fais aujourd’hui quelque chose de
bon qui changera la vie de quelqu’un d’autre ! » C’est dans l’action de la
bonté que nous révélons véritablement la gloire divine.
III. L’APOGÉE DE LA GLOIRE :
LA CROIX DU CHRIST
La révélation atteint son sommet à la croix. Paul l’affirme : « Ne
méprises-tu pas les richesses de sa bonté, de sa patience et de sa longanimité,
ne reconnaissant pas que la bonté de Dieu te conduit à la repentance ? »
(Romains 2:4). La gloire divine n’écrase pas, elle attire. Elle n’impose pas
par la contrainte, elle persuade par l’amour. L’homme n’est pas appelé à juger
Dieu, mais à se laisser convaincre par Sa miséricorde imméritée.
Ce que Moïse n’a pu contempler qu’en partie - un éclat de la gloire
divine, « le dos de Dieu » - nous le contemplons pleinement en Jésus-Christ. «
Alors que nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains
5:8). Et Jean témoigne : « La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi
nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une
gloire comme celle du Fils unique venu du Père » (Jean 1:14). L’incarnation
et la croix sont l’accomplissement suprême de la prière de Moïse. Ce qu’il
désirait ardemment, nous l’avons reçu en plénitude en Christ.
Encore faut-il lire ce texte avec fidélité, sans y projeter nos schémas
humains. Comme le rappelle l’avertissement : il est essentiel de comprendre les Écritures dans leur
contexte et
de ne pas diluer leur sens en les interprétant à travers des grilles modernes
qui les réduisent. La croix demeure la clef
herméneutique qui éclaire toute la révélation. En elle, la gloire de
Dieu se révèle comme caractère d’amour.
La croix est donc à la fois la réponse donnée à Moïse et le sommet de
notre vocation. Là, nous voyons qui était
suspendu - Dieu Lui-même - et pourquoi Il y était
- par amour pour nous sauver. Là, la gloire de Dieu brille de toute sa
splendeur : la justice et la miséricorde s’embrassent, l’amour triomphe, la
grâce attire et transforme.
CONCLUSION
Voir la gloire de Dieu, c’est découvrir que Sa gloire n’est pas d’abord
puissance éclatante, mais caractère : bonté, grâce, miséricorde. C’est
comprendre que notre vocation est d’être transformés pour refléter ce caractère
dans nos vies, devant le monde et devant l’univers. Et c’est contempler que
l’accomplissement suprême de cette gloire se trouve à la croix du Christ, où
l’amour de Dieu se révèle en plénitude. Ainsi, nous sommes appelés à contempler pour être
transformés, à refléter pour témoigner. « Et nous tous qui le visage
découvert contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes
transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur,
l’Esprit » (2 Corinthiens 3:18).
Puissions-nous,
à l’exemple de Moïse, aspirer avant toute chose à la révélation de Sa gloire ;
puissions-nous la contempler dans sa plénitude à la croix du Christ et y puiser
la grâce d’être transformés à Son image, afin de refléter Sa bonté au cœur même
de nos vies.
ABONDANTES GRÂCES DE LA
PART DE L’ÉTERNEL !
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